Collectif artistique constitué de Sylvia Grincourt et Lia Rochas-Pàris à la réalisation, et de Benjamin Vernet au collage sonore, Les Infâmes déploient fantasmes et expériences au moyen de films courts en usant de plusieurs techniques comme celle du stop motion, de l’animation et parfois de vidéo. Le processus assemblage/montage constitue le langage de prédilection des Infâmes. Roseline, Félicie et Ninon, héroïnes en 2D asexuées, déambulent au sein de ces films perçus comme un espace de jeu dans lequel le lubrique se mêle au ludique. Les protagonistes apparaissent de manière hallucinatoire, avancent par mouvements saccadés, évoluent de mondes en mondes: Les rouge à lèvres se faufilent, les yeux pullulent, des ailes poussent aux poissons, les ordinateurs accouchent d'horloges, les voix font écho aux murmures... L'agitation est surréaliste, l'effervescence se propage. Chaque film est un prétexte à extraire et à manipuler les codes du cinéma et des arts plastiques. Si dans les lieux communs, il est question d’introduire le fantasme à la manière du rêve, il se donne à voir sans fluides, sans corps, mais dans un flux d’images d'images. La sémantique du désir et de la libido trouvent dès lors une nouvelle ligne, loin de la pornographie ambiante où tout est exposé, voire surexposé. Les infâmes exposent une imagerie et un univers musical délurés, avec des signes à la fois oniriques et pratiques empruntés à l’imaginaire collectif. Le spectateur est convié à pénétrer au sein d'une parenthèse, territoire artificiel.